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Sur l'avenir du marché de l'art à court terme, les experts restent partagés. « Avec la démocratie qui est en marche, ajoutée au développement de l'accès à internet et au téléphone portable, le reste du monde va avoir davantage accès au travail formidable que réalisent les artistes birmans chez eux », prédit avec optimisme Diana Campbell Betancourt, directrice artistique de la Samdani Art Foundation de Dacca, au Bangladesh voisin. Selon elle, l'art contemporain est « de qualité » en Birmanie car jusqu'à présent, les artistes ont travaillé « sans velléité commerciale ».
Autre atout de la scène artistique locale, « sa capacité à braver les interdits pour réaliser des œuvres très engagées ». « Il y a en Birmanie une sagacité et une approche humoristique que je ne trouve nulle part ailleurs en Asie du sud », raconte Diana Campbell Betancourt. Récemment par exemple, le célèbre plasticien Po Po, 58 ans, a installé des panneaux "VIP" (very important person) dans les espaces publics, pour montrer à ses concitoyens que malgré la dureté du régime politique et l'anonymat que celui-ci développe au sein de la population, chacun a de l'importance dans son environnement social.